Une semaine dans un gîte en Suède

Oui, vraiment. Une semaine dans un gîte en Suède. Sans courir ni crapahuter. Sans défaire son sacs tous les soirs ni le refaire tous les matins.

J’en ai fait des voyages en itinérant, à vagabonder d’un lieu à l’autre, des dizaines et des dizaines. Pas nécessairement avec dix heures de conduite entre chaque halte.

Mais avec au maximum une ou deux nuits par endroit. Des vacances intenses et réjouissantes. Des vacances actives, pleines de souvenirs. Mais aussi des vacances sans avoir le temps de se laisser porter. On y souffle, on y passe du temps dans la nature ou à la terrasse de cafés. Sauf que l’étape suivante est toujours en tête. Que la terrasse ou la petite randonnée qui a séduit, on n’y retourne pas une seconde fois. Des découvertes, pas de routine qui s’installe.

Cette année, c’est donc l’inverse. Le plaisir de la lenteur. Du lieu et des habitudes. Retourner à la même boulangerie tous les matins, devenir un habitué saisonnier. Ne pas avoir de programme, aller au hasard, en fonction de la météo et des envies.

Pour débuter cette façon de voyager qui ne m’est pas encore si naturelle, Docksta. Au sud, la Haute Côte – ou Hoga Kusten. Les chapelets d’îles, la forêt et l’influence marine au même endroit. Au nord, le Nordlland, l’appel du cercle polaire et tous ses fantasmes.

Cette semaine dans un gîte en Suède a été possible grâce au génial site de l’office du tourisme de Haute Côte. J’ai rarement vu une telle source d’information, sur une région aussi localisée. Pourtant, dans les guides, pas plus que 3 ou 4 lignes. Assez pour donner envie d’y aller tant la beauté des environs était vantée. Mais pas beaucoup plus d’information pratique. En ligne, pas vraiment d’hôtel qui nous a tapé dans l’oeil.

Et en creusant, la découverte un site. Qui détaille les petits marchés dans chaque village, les adresses des différents fermiers de la région pour faire des courses localement: rhubarbe, miel, porc fumé, pommes de terre, et bien d’autre. De quoi donner envie d’y passer du temps, à cuisiner comme un vrai Suédois.

Puis, la possibilité de louer des cabines à la semaine. Des vraies petites maisonnettes suédoises, en bois et rouges. En pleine nature. En écoutant les oiseaux chanter au réveil. C’est la fin du printemps, la nuit ne tombe pas. Je vous écris après une première nuit, debout à 4 heures du matin. Mon corps ne comprend pas encore très bien pourquoi il fait si jour, et si clair. Un petit merle me berce et accompagne l’écriture.

Nous sommes chez Olle et son épouse Birgitta, un couple de retraités qui habite dans la maison voisine. Notre cabine suédoise respire le charme des années 60. Du bois blanc ou bleu ciel. Des papiers peints à petites fleurs Des napperons bleu indigo aussi fleuris. Une nappe à carreaux Vichy en jaune et blanc.

Le long des fenêtres, des bougeoirs blancs givrés. Dans les placards, des vieux numéros de Donald Duck – appelé ici Kalle Anka – pour réviser son suédois. Au loin, la vue sur la baie de Docksta et son église en bois blanc.

Ce type d’hébergement doit probablement se trouver dans toute la Suède. Je parie aussi sur la présence de beaux chalets en Finlande et de cabanes en Norvège. Si vous allez voyager en Scandinavie, ne passez pas à côté. Généralement, la location se fait à la semaine, du samedi au samedi. On s’y sent bien, chez soi en quelques secondes.

Quand nous avons demandé aux propriétaires où aller se promener et randonner, ils nous ont dit “partout, nous sommes en Suède”. Chaque sentier est le vôtre, sous réserve d’en prendre soin et de ne rien abîmer. Vous pouvez cueillir des plantes, des fleurs, si elles ne sont pas protégées. Passer la semaine dans votre chalet scandinave en se demandant si c’est plutôt cueillette de chanterelles ou d’ail des ours. Aujourd’hui, nous prévoyons d’aller acheter du miel à la ferme. C’est tout. Et cela ne m’a rarement mis plus en joie.