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Londres: Morito, un restaurant espagnol (goûtez les côtelettes!)

Ce dîner de printemps à Morito restera toujours synonyme de joie de vivre. Vous voyez, j’ai beaucoup de théories sur tout. Elles changent tout le temps, et sont là autant pour le plaisir de la discussion que pour faire une pause, ralentir et réfléchir à ce que l’on veut vraiment.

Mais il y en a une qui restera toujours, je pense, c’est le délice de la sérendipité. Encore étudiante, c’est un professeur de sociologie qui nous expliquait qu’elle faisait toute la différence dans la vie. La sérendipité, c’est prendre ce qui est, et faire au mieux. Se laisser porter par les événements en cherchant toujours à voir la meilleure issue possible. Il utilisait l’exemple de Christophe Colomb. Il aurait pu se morfondre car son expédition était ratée. En effet, il n’avait pas trouvé les Indes. Hé non, à la place, victoire et découverte de l’Amérique, tout est une question de point de vue.

Cette illustration est volontairement facile pour saisir l’esprit (il ne s’agit pas ici de débattre du colonialisme de Colomb). Mon professeur, monsieur Vanderstraeten, expliquait que c’est cela qui guidait aussi ses recherches.

Qu’il était important de développer sa capacité à retomber sur ses pattes. A changer de direction et laisser tomber ce qui ne fonctionnait pas, ne pas s’accrocher aux choses comme une moule sur un rocher. Plutôt se laisser porter comme une algue qui ondule sous l’océan.

Et Morito, dans tout ça, me direz-vous? Patience, nous y venons.

Se rendre à Londres

Le trajet prend à peine deux heures en Eurostar direct de Bruxelles, 1h20 en partance de Lille. Classe Standard à partir de 39 € l’aller, basé sur un aller-retour obligatoire. Pour la classe Standard Premier, à partir de 119 € l’aller. Quant à la classe Business Premier, compter 285 € l’aller.

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Lundi soir. Eurostar Londres – Bruxelles.

Le train est annulé, tous les trains sont annulés, qu’ils aillent en Belgique, à Lille ou à Paris. Chao à Saint Pancras, il y a eu un accident près de Lille, plus rien ne part. Les passagers se stressent, s’affolent, se crispent.

Là, j’entends la voix de mon enseignant dans ma tête. Sérendipité. D’abord quelques minutes pragmatiques: demander à l’hôtesse d’accueil comment changer ses billets (réponse facile: à la machine, en quelques clics, fait!). Se renseigner sur les compensations éventuelles : dans ce contexte, oui aussi, la nuit d’hôtel et les frais de restauration sont pris en charge, dans la limite du raisonnable.

Voilà, en deux gestes et avec l’état d’esprit du joyeux professeur, ce qui pourrait être un fait divers lambda (“Londres: ces voyageurs épuisés ne savent pas quand ils rentreront chez eux”) se transforme en une délicieuse parenthèse. “Londres: obligés de rester vingt quatre heures de plus, sous le soleil, tous frais payés”.

Nous réservons un petit hôtel pas loin de la gare avant qu’ils ne soient tous pris d’assaut. Au lieu d’attendre des heures dans la gare à pester, nous filons. Tout est organisé pour le retour du lendemain, nous avons un lit où dormir.

Que demande le peuple? Diner bien sûr !

Pas très loin, à Farringdon, chez Sam & Sam Clarke, près de l’Exmouth Market. Il y a d’abord Moro, un restaurant aux influences mauresques, arabes et espagnoles. Puis Morito, le petit frère à l’ambiance plus informelle. Tapas à partager et convivialité latine. J’y étais allée il y a 7 ou 8 ans et en garde encore le souvenir des côtelettes d’agneau rôties.

C’est en particulier pour faire découvrir ce plat à mon compagnon que nous nous y rendons. Le service est ultra souriant. Côté bande son, que du funk des années 70 qui donne envie de se trémousser. Un verre de tinto de verano à la main, nous commandons. Le mélange de vin rouge et limonade a le goût des vacances. Un jour de vacance surprise, un petit bonheur inattendu.

Il y a des aubergines frites, croustillantes et qui brûlent un peu les doigts. Avec de la feta fouettée aérienne et de la mélasse de datte en guise d’assaisonnement. Des asperges vertes aux amandes et à la crème à l’ail.

Un mijoté à la seiche, aux pommes de terre et aux tomates. La richesse de la sauce, le goût des tomates confites au soleil, et là, l’iodé de la Méditerranée.

Viennent enfin les côtelettes de Morito.

Dorées, fumantes. La saveur presque érotique des graines de cumin toastées. La rondeur piquante du paprika. A manger à pleines mains. Ca dégouline, c’est un messy business comme diraient les anglo-saxons. Le jus de la viande est presque confit, caramélisé. Il y a du gras à la saveur formidable, les épices qui arrivent, bim bam boum c’est la fête à chaque bouchée.

Mon compagnon sourit. Pendant qu’il se lèche les doigts pour ne pas laisser une goutte de jus, le serveur décide de jouer “Your Song” de Billy Paul. Ses collègues se mettent à chantonner, et nous (moi) aussi.

Ce qui aurait pu être un couac de voyage s’est transformé en chance inouïe. Nous commandons une mousse au chocolat aux amandes rôties et à l’huile d’olive pour en profiter jusqu’au bout (à retenir : chocolat noir + pointe de sel + huile d’olive = paradis).  Il est presque minuit à Farringdon, il fait encore chaud. Demain, l’aventure nous attend.

Plus d’informations?

Restaurant Morito – 32 Exmouth Market – Farringdon – Londres
Egalement une deuxième adresse, cette fois-ci à Hackney : 195 Hackney Road – Londres