Darkness

Opéra de Varsovie

A l’opéra de Varsovie avait lieu Darkness, un ballet mis en scène par Izadora Weiss. Combinant aussi bien des airs de Vivaldi que de Bach, il nous montre l’écrasement d’une personnalité en moins de deux heures. Prenant pour thème les violences conjugales, tout y est montré de façon clinique, sans pour autant juger les protagonistes.

Tout débute par un joyeux mariage et une candide blonde. Peu à peu, l’idyllique mari se mue en personnage violent. Progressivement, il prend le dessus physiquement et mentalement. Il se dédouble. Il n’est plus symbolisé en tant qu’individu. Il se transforme en une meute de loups avec plusieurs danseurs en camaïeu de gris.

La femme est multiple et chacun de ses aspects se fait méthodiquement anéantir par l’homme. L’angoissante ouverture du second acte avec un air de Philippe Glas ne laisse pas augurer de rédemption. On se plonge dans les méandres de l’âme féminine tantôt battante tantôt désespérée, ou pleine de foi. Elle oscille sans cesse ce qui la mène à se perte.

La pureté blonde se mue en passion brune, battante qui se morcellera à chaque instant. Voila la morale de Darkness, sans choix clair, sans décision ferme, c’est l’escalade. Les montagnes russes, les conséquences fatales. Le constat est implacable, froid et brutal. Il est amené avec subtilité, sans forcer les traits mais de manière convaincue. Les costumes viennent appuyer cet état de fait. Épurés, ils laissent la place au corps. C’est ce dernier qui raconte son histoire et en dit bien plus que des mots.