Une église orthodoxe durant la messe

Une église orthodoxe durant la messe

Assister à une messe dans une église orthodoxe, c’est un événement, même pour les athés. En effet, en Russie, ils ont le sens du spectacle. A défaut d’avoir réussi à nous donner la foi, la leur n’est pas à remettre en doute.

Les rituels se suivent et ne se ressemblent pas, et déboussolent au premier abord. La cathédrale de Saint Petersbourg est remplie, tous les âges et tous les genres. Les femmes ont des écharpes, foulards ou bonnets pour se couvrir partiellement les cheveux.

Tout le monde se prosterne, fait des signes de croix à intervalles réguliers, et s’agenouille en embrassant le sol marbré). La foule regarde en direction des icônes. Dans le fond de l’église, les relifieux font de même, et sont donc dos aux croyants, contrairement à l’église catholique.

Une église orthodoxe durant la messe Le Voyage Russie

Vêtus en or et pourpre, au milieu de cette accumulation de dorures et de tableaux, on se rend compte qu’ici, être croyant signifie montrer à Dieu les richesses qu’on lui donne, les sacrifices réalisés. A milles lieues du protestantisme où le dénuement est primordial, en gage d’humilité.

Les chants se succèdent. Dans le chœur, les femmes chantent de leurs voix cristallines, tandis que les hommes jouent la carte du dramatique, voix de ténors, barytons ou basses, qui résonnent et font trembler les murs en prime. Les canons se succèdent.

Le chef de l’église garde son couvre-chef pendant un air, la retire au suivant. Les religieux se déplacent de manière chorégraphiée, telle une valse mystique. L’un balancera la fumée d’encens, pour embaumer l’église d’odeur de clou de girofle, ou de pin. L’autre se mettra sur l’autel, entonnant une liturgie, et faisant le chef d’orchestre. Là, tous les croyants chantent d’une seule voix, la Cathédrale tremble.

Puis, les religieux reviennent ensemble sur cette scène dédiée à Dieu. Chacun avec un accessoire différent.

Ces actes à la théâtralité évidente continuent pendant une heure et demi, jusqu’à ce que les religieux reprennent enfin le chemin à l’abri des regards. Les portes se ferment, le rideau pourpre se tire. Là, un dernier homme vient narrer une parabole.

Pour clôturer, à nouveau une mélodie, puis la file commence. Les croyants du dimanche s’alignent, vont d’abord embrasser les icônes, puis attendent d’être bénis. Tour à tour, les bras croisés comme dans un sarcophage, ils s’approchent, mettent leur visage sur un coussin soyeux. Là, on leur donne l’hostie, puis ils embrassent la coupe en or.

Les enfants, comme pour les récompenser de leur calme, peuvent désormais grignoter des biscuits et boire des jus de fruits.

La Cathédrale se vide lentement, la vie reprend son cours.

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