Retour à Maresquel, une promenade poétique

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Retour à Maresquel

Un dimanche à la campagne

Nous revoilà sur les routes du Nord-Pas-de-Calais, direction la campagne, Maresquel-Ecquemicourt, chez mes grands-parents. C’est une belle journée de printemps. Quelques petits nuages blancs flottent dans le ciel bleu. Ca ne semble jamais être les mêmes. Je les regarde quelques minutes, détourne l’attention, et c’est un nouveau petit nuage, d’une forme différente, que je retrouve à la place du précédent. Je finis par m’assoupir, en regardant les coquelicots défiler sur le bord de la route. 

Quand j’étais petit, j’y allais deux semaines tous les étés, pendant les grandes vacances. Mon grand-père m’amenait dans les champs ou à la pêche, avec les chiens Isa et Jeudi, me montrait les légumes et les fleurs de son jardin, et je découvrais la vie à la campagne. Elle était agréable. Il m’avais même construit un but en bois dans le jardin pour que je puisse joueur au football.

Nous arrivons, le jardin est en fleurs. Les roses nous accueillent des deux côtés de l’allée. Le béret de mon grand-père est posé sur un banc, sa canne contre la porte d’entrée. Le sourire de ma grand-mère nous attend dans le couloir, mon grand-père est assis dans son fauteuil de , à côté de la fenêtre. Il habite ici depuis toujours, mais un sourire passe encore sur son visage quand il regarde son jardin, et son quartier, de l’autre côté de la fenêtre.

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Au loin, derrière les toits de tuiles rouges, dans les collines, il peut voir un peu de nostalgie, sous la forme des bois où il allait chasser. Où il avait sa hutte en ferraille, à côté d’une petite mare. Il m’y amenait faire des tours de barque, regarder les oiseaux, et nourrir les canards. Un jour, alors qu’on nourrissait les canards, j’ai mangé un peu de pain sec. S’il était bon pour eux, il devait l’être pour moi aussi. Depuis il raconte l’histoire à chaque fois que nous  y retournons.

Nous sommes de nouveau sur la barque, tous les deux, je mange du pain sec à canard et mon grand-père rit à table en me regardant, en essayant de reconnaître le petite garçon que j’étais, dans le grand homme chevelu que je suis devenu. Je ne sais pas s’il y arrive. Aujourd’hui, nous mangeons du poulet rôti, des pommes de terre et des haricots verts, puis une Tropézienne en dessert. Un repas qui a le bon goût d’un dimanche.

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Sur le bord de la route
un âne dans son enclos,
seul. Tout seul.

 

Une colline rouge
sur le bord de l’autoroute
les coquelicots !

 

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Arrivée
chez mes grands-parents

le long de l’allée
les rosiers en fleurs.

 

Je me remémore
de vieux souvenirs
le jardin en fleurs.

 

Des fleurs jaunes
et rouges et bleues
sur les assiettes de mes grands-parents.

 

Au-dessus
de l’armoire du salon
deux baïonnettes
une baïonnette française
une baïonnette allemande.

 

Dans la véranda
sous la table
à l’ombre du soleil
le chien fait la sieste.

 

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Après le café, nous partons nous promener dans la campagne du Val-de-Canche. Nous traversons le village de Maresquel, puis nous longeons la Canche, que l’on remonte jusqu’au village de Beaurainville, empruntant les petites routes qui serpentent dans mes souvenirs. Les jardins sont en fleurs. Devant chaque maison il y a des roses.

Des roses blanches, des roses roses, mais surtout des roses rouges. Beaucoup de roses rouges. On les repère de loin et elles restent gravées sur nos rétines quelques secondes avec leur rouge vif, presque rouge sang. Sous le soleil estival de cette journée de fin de printemps, toutes les couleurs semblent multipliées. Les arbres verts brillent sous le ciel bleu. Le soleil illumine les fleurs. Dans le cimetière, au pied de l’église, un vieil homme dépose des fleurs sur une tombe.

Sur le petit chemin de terre, le long de la Canche, il fait frais, à l’ombre des arbres. Quelques rayons de soleil s’infiltrent entre les feuilles et tracent des traits lumineux qui traversent le chemin. L’eau est haute et marron. Trop marron.  Nous nous faisons dévorer par les moustiques. Un petit garçon pêche, un vélo posé dans l’herbe à ses côtés. Nous retrouvons la route et quelques jeunes fument des cigarettes, assis sur les bancs, en face de la Canche. 

Un jour de mon enfance, j’y ai attrapé une jolie truite argentée, brillante comme un diamant arc-en-ciel, mais quand je l’ai sortie de l’eau, elle ne brillait plus. J’ai voulu la remettre dans l’eau, pour qu’elle brille à nouveau, pour qu’elle brille pour toujours, mais rien à faire, elle ne brillait plus. Elle restait grise. Pâle. Éteinte. Alors on l’a ramenée et on l’a écaillée et on l’a évidée et on l’a mangée pour le dîner. Elle était délicieuse.

 

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Le village de Beaurainville vit un dimanche après-midi paisible. Les vaches font la sieste derrière le linge qui sèche au soleil. Une Jeep soulève un nuage de poussière sur son passage. Personne dans les rues. Personne dans les jardins. Rien d’autre que les roses.

Nous revenons à Maresquel en coupant à travers les champs. Les jeunes champs de blé, souple et ocre, ondulent lentement sous le vent. Un papillon blanc apparaît quelques instants, avant de disparaître entre deux épis. Trois promeneurs sont avalés par une petite vague jaune. Nous cueillons des fleurs le long du chemin, de grandes marguerites, des boutons d’or, des roses sauvages, et aussi des fleurs du sureau, pour en faire de la liqueur. Quand nous rentrons, mon grand-père est heureux de nous voir avec des fleurs, et part nous cueillir des roses du jardin.

 

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Dans le village
de mes grands parents
partout
les rosiers en fleurs.

Voila
une belle journée.

 

Sur l’eau marron
de la Canche
le souvenir
des truites argentées.

 

Le long de la Canche
assis sur des bancs
à l’ombre des arbres
les jeunes fument,
une pie s’envole.

 

Sous le ciel bleu
au milieu des champs
le printemps à la campagne.

 

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Sur le petit chemin
entre deux champs de blé
l’odeur des fleurs de sureau.

 

Un papillon apparaît
et disparaît
dans le champs de blé.

 

Le long de la voie ferrée
derrière les fleurs de sureau
des roses sauvages.

Violettes.

 

Sur une marguerite
rapportée de Maresquel
une coccinelle.

 

Dans le salon
sur la table basse
les roses de mon grand-père.

 

Fanées
je les laisse quand même
sur la table basse
les roses de mon grand-père

 

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