Une Pause avec Fredrik Andersson – Freddelanka

Une Pause avec Fredrik Andersson - Freddelanka Europe LArt de Vivre La Décoration Le Voyage Royaume-Uni

Une Pause avec Fredrik Andersson

Créateur de Freddelanka - Illustrateur, céramiste, artiste - Londres

La Pause: Pourquoi avez-vous décidé de vous installer à Londres?

Fredrik Andersson: Alors… j’habitais à et je venais de me séparer. Mon ex me disait sans cesse que les gens qui déménageaient dans d’autres pays étaient stupides. Quand notre relation a pris fin, j’ai senti le besoin de lui prouver que ça n’était pas le cas.
Au début, je voulais aller aux Etats-Unis pour faire carrière en travaillant sur les décors de cinéma à Hollywood. Puis, je suis allé rendre visite à un ami qui était en échange à . Je suis resté un mois, et je n’ai jamais autant ni aussi bien dessiné. Je pensais déjà à retourner à l’université et j’ai donc terminé par postuler dans des écoles ici à Londres. Tout était très spontané, quand j’y repense, mais je n’ai jamais regretté ces décisions rapides.

LP: Vos créations semblent avoir un équilibre entre joie et mélancolie. Quel est le message que vous voulez partager?

FA: Que les gens doivent apprendre de leur tristesse et y voir le positif, c’est une manière de grandir. Je crois que c’est quelque chose contre lequel je lutte souvent. Avec mon travail, c’est une manière de m’en rappeler en permanence.

Une Pause avec Fredrik Andersson - Freddelanka Europe LArt de Vivre La Décoration Le Voyage Royaume-Uni
A Little Bit Happier – Freddelanka (c) Tais Sirole

LP: Vous vendez vos créations en majorité directement à vos clients. Est-ce un choix ou cherchez-vous à être plus présent en boutique?

FA: J’ai cette peur qui reste en moi. Celle de devenir une usine si je reste coincé à refaire toujours les mêmes choses encore et encore. J’ai besoin de changer des choses régulièrement et de ne pas m’ennuyer.
Si je passais la majorité de mon temps à démarcher des boutiques pour vendre mes vases, je n’aurais pas assez de temps pour développer les autres passions au sein de mon travail.
A un moment, il va falloir que j’embauche un assistant, mais il faudra que je lui fasse confiance aussi à propos de mes créations. Pour l’instant, je suis donc satisfait comme ça, mais ça changera peut-être dans le futur. Ça dépend de qui viennent les propositions.

 

LP: Votre créations sont désormais chez Liberty of London. Comment s’est passée la collaboration?

FA: Ils m’ont trouvé sur Instagram, et je suppose qu’ils ont aimé ce qu’ils ont vu. J’ai eu de la chance. Quelqu’un de leur équipe me suivait et a montré mon travail aux acheteurs. Personne ne devrait sous-estimer la puissance d’un hashtag.

 

LP: Est-ce qu’Instagram est important pour votre business? Et pour votre créativité?

FA: SUPER important, toutes les bonnes opportunités que j’ai eues proviennent d’Instagram. Je fais la plupart de ma communication et de mes ventes avec. C’est un outil puissant si vous y mettez l’effort nécessaire. Un peu comme un jeu vidéo. Vous investissez votre temps, et si cela est bien fait, la vraie vie vous le rend bien.

J’aime le réseau d’illustrateurs qu’on y trouve. Plein de personnalités inspirantes à découvrir. Je me suis fait beaucoup d’amis créatifs grâce à cela, et la majorité du temps, les gens sont super ouverts pour partager des astuces et les bons outils. Aussi bien des conseils sur les nouvelles technologies que les différents types d’argile ou de vernis. C’est très varié, vraiment.

Une Pause avec Fredrik Andersson - Freddelanka Europe LArt de Vivre La Décoration Le Voyage Royaume-Uni
Sadness and Bums – Freddelanka – (c) Tais Sirole

LP: Comment réussissez-vous à garder de l’espièglerie dans votre travail, une étincelle créative?

FA: Quand je dessine, je fais des croquis très rapides. Ensuite, je construis avec des formes, mais en faisant des mouvements très souples et rapides. Mes images se mettent en place en mélangeant des mouvements contrôlés et des mouvements spontanés. Je crois que je suis fier de mes erreurs. Parfois, je reprends toute une image après une erreur, car elle m’aura montré une toute nouvelle direction à prendre.

Pour mes céramiques, le processus initial est le même. En réalité, la majorité de ma collection pour Liberty of London a été faite en quelques jours. J’ai fait ce qui me venait en tête sur l’instant, quand j’avais l’argile entre mes mains. Faire des formes puis les peindre, leur donner de la personnalité.

LP: Assiste-t-on à une disparition du poil?

FA: Dans gay mainstream? Pas vraiment. Je crois que mes dessins poilus étaient une façon de me rassurer. De me dire que je peux être beau et mignon malgré ces jambes poilues et ces fesses. On s’en moquait souvent dans les vestiaires du lycée. Désormais, j’ajoute une plus grande variété de genres et de couleurs dans mes dessins. Je joue avec la signification du poil, des endroits où l’on décide de le raser, ou non.

LP: Vous dessinez beaucoup de fesses. Sont-elles des fesses fantasmées. Pouvez-vous nous en dire plus?

FA: J’aime beaucoup des fesses guillerettes. Je crois aussi que la culture de masse est très prude quand il s’agit du corps, de notre propre corps et de celui des autres. Je voulais normaliser la nudité, faire en sorte que les gens parlent de leur rapport au corps ouvertement. Qu’ils prennent le sujet à bras le corps.

Je dessine beaucoup de nus, homme, femme, et entre les deux. Je veux que les gens acceptent leur apparence plutôt que d’être trop timide pour s’affirmer. Observez votre corps, trouvez vos points sensibles, dites à votre partenaire ce que vous aimez pour que vous vous sentiez bien et faites pareil pour lui / elle.
Dans tous les cas, tout le monde a des fesses, c’est donc un bon point de départ.

Une Pause avec Fredrik Andersson - Freddelanka Europe LArt de Vivre La Décoration Le Voyage Royaume-Uni
Sunset Bum – Freddelanka

LP: Sur votre site, vous parlez de la culture queer et de la cause LGBT. Vous sentez-vous porteur d’une responsabilité?

FA: Bien sûr. En tant qu’homme blanc homo, j’ai une vie relativement facile, ici à Londres. Mais je vois et lis des choses sur des personnes moins chanceuses que moi. J’essaie de travailler avec la communauté et d’aider les groupes qui font un travail important. J’essaie vraiment de ne pas parler pour les autres mais d’utiliser mon travail pour rendre leur voix plus forte. Je crois que de nos jours, plein d’artistes, gays ou hétéros, se perdent dans leur propre célébrité. Sur le chemin du succès, ils oublient de regarder d’où ils viennent. J’ai consciemment pris contact avec différentes associations car je veux que mon travail fasse la différence pour les autres plutôt que pour moi.

Cela peut être aussi bien fournir des illustrations que vendre des pièces créées exprès pour lever des fonds pour une association.

 

LP: Quel est votre moteur?

FA: Mes amis et ma communauté. Avant de déménager à Londres, je ne prenais pas vraiment conscience de mon identité queer, de ma place dans ce monde. Je n’ai pas encore toute les clés, mais pour une fois, je réalise que je fais partie de quelque chose d’assez fabuleux.

Le Londres de Fredrik Andersson

Quand vous êtes à Londres...

Quel est votre quartier préféré:
Le quartier de South London arriver à préserver de charmants secrets.

Le restaurant où vous amenez vos amis:
The Begging Bowl à Peckham

Votre bar à cocktail favori:
Le rooftop Frank à Peckham. La vue vaut le déplacement.

La boutique que vous devez connaître:
Goodhood à Shoreditch

Qui aimeriez-vous voir interviewé ici:
Laura Bird, une collègue céramiste.

Copyright photographies – Tais Sirole
Si non mentionné: La Pause

Tags from the story
,
Written By
Voir plus d'articles de Fanny

Utiliser ses livres 12/136: Salade de céleri, roquette et truffe

C’est le bouquin qui m’a fait découvrir la cuisine crue, trouvé à...
Lire la suite

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.